Découverte de Stephen King
Je n’ai lu du Stephen King que tout récemment.
Déjà, parce que ce n’est pas vraiment mon genre de livres : je lis du fantastique, mais jamais pour me faire peur. Car voilà la seconde raison : étant déjà une grande malade, traumatisée par quelques films qui ont désormais la mainmise sur mes cauchemars, je n’avais pas particulièrement envie d’y ajouter les images nées de lectures angoissantes.
Mais lorsque j’ai relu sa biographie/essai avec ses conseils d’écriture, cela m’a donné envie d’aller jeter un coup d’œil à son œuvre, tout de même. Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à dévorer Shining à la maternité, en marchant de long en large dans ma chambre pour déclencher les contractions qui tardaient à venir après la rupture de la poche des eaux (véridique !).
Mais commençons par le commencement.

Comme l’auteur lui-même parlait de Carrie dans sa biographie comme étant un peu son premier livre publié, sa première réussite, j’ai souhaité commencer par celui-là (je n’ai pas vu le film).
Et j’ai été, en réalité, globalement assez déçue.
J’ai trouvé la trame du livre un peu brouillonne si je puis dire, avec ces extraits de faux journaux qui le parsèment, et l’intrigue extrêmement linéaire.
Néanmoins, je l’ai lu d’une traite car il est assez accrocheur, et ce qui m’a attiré l’œil réellement, c’est le traitement des personnages. Je les ai trouvés très bien dépeints, très…réels, en fin de compte. Pourtant représentatifs d’une vieille Amérique profonde qui ne m’est pas familière, voire extrêmes au point de paraître un peu caricaturaux (la mère de Carrie…), j’ai senti qu’il y avait quelque chose, dans la façon de l’auteur de me les présenter, qui me fascinait.
Si je puis faire une comparaison (je ne sais pas pourquoi je fais se rejoindre ces deux œuvres dans ma tête) : c’est tout à fait personnel, mais je n’aime pas du tout le film Virgin Suicides de Sofia Coppola. Et bien pour moi, Stephen King a réussi, dans son livre, ce que la réalisatrice a raté dans son film, c’est-à-dire me rendre ses personnages crédibles et compréhensibles dans leurs réactions.

Du coup je me suis dit que je devais lire autre chose de lui, et je suis passée à Misery. Là, pour le coup, j’ai été aussitôt séduite, et jusqu’au bout. Les personnages m’ont de nouveau saisie, et de manière bien plus forte que pour Carrie, des scènes m’ont surprise et choquée (je ne m’attendais pas à ce que ça aille si loin, c’est une véritable montée de violence à des moments où on ne s’y attendait pas forcément), le tout m’a semblé bien construit…
L’imprévisibilité d’Annie donne toute la tension à cette histoire, et le caractère très attachant de l’auteur fait toute la crédibilité.
Un vrai coup de cœur, pour un livre qui se dévore littéralement.
Et puis est née en moi l’envie de me tourner vers Shining…

Shining, je connaissais déjà, parce que j’avais vu le film de Kubrick. Mais aussi parce que quand j’étais petite, j’étais abonnée à Je Bouquine, et que dans ce magazine ils avaient présenté ce livre par le biais d’une petite bande-dessinée qui représentait le début. Et j’ai encore un souvenir très vif de ces images qui m’avaient fortement impressionnée.
Car Shining, c’est exactement le domaine d’angoisse qui me touche, celui des apparitions, des fantômes, des possessions, et de la folie. Tout ce qui me traumatise le plus !
Le film en lui-même ne m’avait pas trop angoissée car il est plus « graphique » qu’effrayant, en tout cas à mes yeux. Mais je me doutais que pour le livre ce serait une autre histoire… Et j’avais raison !
Ce livre est tout simplement… incroyable. Il dégage une atmosphère terriblement flippante, les images sont extrêmement fortes et saisissantes. Les scènes qui m’ont le plus marquée, pour ma part, sont les suivantes (n’allez pas plus loin si vous n’avez pas encore lu ce chef-d’œuvre et que vous avez envie de le lire plus tard) :
- celle où Danny est dans la chambre interdite, où il tourne le dos au cadavre de la vieille femme et où il se répète dans sa tête qu’elle ne peut pas lui faire de mal, et là… il sent les doigts de la vieille se poser sur son cou ;
- celle où toute la petite famille entend l’ascenseur monter et redescendre sans cesse, où ils vont voir, où le père dit que ce n’est rien, juste un problème de machinerie, et où la mère s’énerve, monte à l’intérieur et en retire plein d’accessoires de fête, chapeaux, confettis etc ;
- celle où la mère court dans un couloir à la fin, je ne sais plus si c’est pour échapper à son mari ou retrouver son fils, et où un homme ouvre la porte d’une chambre et lui jette quelque chose au visage (un verre de champagne je crois) pendant qu’elle passe
Pourquoi ces scènes sont-elles si saisissantes ? Parce qu’au départ, on croit que seul Danny voit des apparitions, comme le gamin dans Sixième sens qui est le seul à voir ses fantômes, et du coup on s’imagine que ces fantômes n’ont pas de prise sur la réalité. Or c’est tout faux, et ces scènes nous le démontrent brutalement : Danny fait vivre réellement ces fantômes, et on se rend compte que non seulement ces êtres peuvent être violents et tuer réellement, mais qu’en plus les autres personnages, dont la mère qui est pourtant si réaliste et qui a les pieds sur terre, assistent aussi à tout ça.
Du coup, c’est très violent je trouve ce choc entre les apparitions du passé et les personnages présents. Le lecteur est réellement choqué de voir à quel point le fantastique s’introduit dans le monde du présent, ce sont chaque fois des intrusions brutales et qui n’en sont que plus effrayantes.
La description de l’Overlook qui se réveille ainsi est vraiment fascinante et donne une atmosphère et une originalité toutes particulières à ce livre.
On y ajoute la psychologie complexe du père, le traitement du don de Danny qui, doué de télépathie, assiste au naufrage du mariage de ses parents, et on obtient, à mes yeux en tout cas, un livre qui est véritablement réussi.
Et tout à fait traumatisant pour la pauvre chose que je suis, évidemment. J’ai fait assez peu de cauchemars, mais je repense parfois à certaines scènes, tandis que j’allaite mon fils la nuit, seule avec lui dans sa chambre plongée dans la pénombre… et ça me fait bien flipper !
Devenir maman ne m’a pas rendue beaucoup plus adulte de ce point de vue-là… Ou alors certaines personnes comme moi ne perdent jamais totalement leurs cauchemars d’enfants.
En tout cas, Stephen King, je peux le dire désormais : c’est un grand, grand auteur.
Je me suis tournée vers autre chose après avoir dévoré à la suite ces trois livres (à la maternité on me demandait pourquoi je lisais quelque chose d’aussi horrible ! Shining posé sur la tablette roulante ne semblait pas coller avec l’image de la jeune maman fatiguée et accaparée par son beau petit bébé), mais je pense que j’y reviendrai.
Dans un prochain post, je viendrai vous parler de ce que je lis en ce moment : le Royaume de Tobin, de Lynn Flewelling, dont je retrouve la plume avec bonheur !
Et vous, est-ce que vous aimez Stephen King ? Avez-vous d’autres livres de lui à me proposer ?
Whouhouuuuu
Regarde ça cher lecteur, non mais regarde ça!! :
http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2012/04/03/23925179.html
Tu y crois, toi??
Bon, soyons réaliste, il n'y a AUCUNE chance pour que j'aie terminé Les Ailes froissées le 31 août. Mais aucune. Surtout en l'ayant suffisamment relu et retravaillé pour le proposer à ce concours...
Mais ça fait rêver...
Et ça donne envie de s'y remettre!
J'ai été bien occupée récemment, vu que j'ai accouché le 6 avril dernier de mon fils Flavien, mais demain il aura un mois, il est temps que j'essaie de grapiller quelques demi-heures par-ci par-là pour mes passions... On va essayer en tout cas!
Rhaaaaa... Y a pas à dire, ça fait rêver...
En plus Timothée de Fombelle fait partie du jury, et j'ai adoré ses romans!
Rhaaaaa...
Moi, je vis chez les Bisounours :)
Je ne me sens ni de gauche, ni de droite.
Mais c’est moins une question d’opinion politique que de gêne vis-à-vis de l’endoctrinement et du jugement des uns et des autres sur le camp « ennemi ».
En effet, j’évolue dans des milieux différents et je connais et côtoie à la fois beaucoup de gens de droite, et beaucoup de gens de gauche.
Faiblesse de pensée ou incapacité à prendre position, toujours est-il que cette dualité a creusé chez moi un profond dégoût pour certaines phrases, entendues des deux côtés, par exemple :
- « ils sont cons les gens de gauche, ils s’imaginent qu’il y a assez d’argent dans les caisses de l’État pour leurs réformes, mais ils vont ruiner davantage le pays et on va tous faire faillite » (ça veut dire que tous ces gens qui votent à gauche, dont beaucoup d’intellectuels, ne comprennent rien à rien ?)
- « les connards/imbéciles qui ont voté Sarkozy » (merci, mais par cette phrase vous insultez plus de la moitié des gens qui se sont déplacés pour aller voter au second tour des dernières présidentielles, et rien que ça, sans aucun jugement politique, ça m’énerve)
- « maintenant, voter UMP c’est comme voter FN » (ah bon, alors soit on est de gauche soit on est un extrémiste fou, raciste et antisémite de préférence).
Etc. etc. j’ai des dizaines de dizaines d’exemples où j’ai chaque fois la joie de sentir certains de mes proches insultés.
Ce que je retire de cette expérience de fille qui a grandi et qui mûrit actuellement tiraillée entre ces deux « camps » ?
Que tout cela m’emmerde.
Que je sais très bien que :
- les gens qui votent à gauche ne sont pas des imbéciles idéalistes, sortes d’anciens hippies qui adhèrent à n’importe quel slogan un peu humaniste sans réfléchir aux conséquences qu’entraîne la mise en place d’une politique sociale et écologique ;
- les gens qui votent à droite ne sont pas des connards qui crachent sur les clodos dans la rue, foutent des coups de pied au cul des noirs et des arabes pour les faire partir de leur précieux pays et se baignent dans leurs piscines d’or en ricanant comme des Oncle Picsou (ou des nazis, au choix).
Je connais des gens qui votent à gauche et qui sont extrêmement racistes.
Je connais des gens qui votent à droite mais qui donnent énormément, que ce soit de l’argent à des associations, comme du temps de bénévolat au centre d’action sociale, par exemple.
Je suis désolée mais pour moi la vie est plus compliquée que ce clivage gauche-droite qui, je trouve, empire avec les années.
Pour ma part, je n’ai jamais aimé les extrêmes, donc extrême-gauche comme extrême-droite ne m’attirent absolument pas.
Mais que les deux « camps » principaux, gauche et droite disons « moyennes », se haïssent à ce point, et il me semble, de plus en plus, c’est quelque chose que je n’arrive pas à comprendre.
Il m’arrive de penser qu’on peut tirer du positif et du négatif de chacune de ces opinions. Parfois, j’imagine un gouvernement totalement mixte, où chaque « camp » occuperait une position stratégique. Mais comment pourrait-on avancer tous ensemble avec cette haine de l’autre qui, selon moi, caractérise n’importe quel débat politique, qu’il s’agisse de ces engueulades infectes et stériles à la télé entre futurs candidats comme des engueulades « privées » que nous vivons tous dans l’intimité de nos cercles restreints, lorsque la conversation « dérape » et que vous vous dites tout bas « et merde, on va parler politique » ?
« Et merde », parce que de toute façon chacun campe toujours sur ses positions, personne ne change d’avis ou ne cherche à construire un avis médian, un terrain d’entente, et la discussion de plus en plus houleuse n’aura servi à rien.
Un jour quelqu’un de très philosophe dans l’âme et dont j’admire souvent la manière de penser m’a dit « moi je crois que ce qui est bien, c’est d’alterner ; un coup la droite, un coup la gauche ». Cette dame fait donc sûrement partie de ce que beaucoup des gens de tous bords détestent, la personne qui change de vote, qui vote « un coup à gauche », « un coup à droite ». Pourtant, sa façon d’en parler ne me semblait pas si imbécile. Tout cela est très cyclique, quand on y pense.
Je ne m’y connais pas assez pour parler vraiment de politique.
Je l’avoue, je n’écoute que très peu ces débats, je lis les programmes mais je ne les comprends pas toujours, j’écoute beaucoup mais, étant très influençable, je me range souvent à l’avis du dernier qui vient de parler (si son avis reste modéré évidemment, comme je l’ai dit je n’ai aucune affection pour les points de vue extrêmes).
Je ne me considère pas assez cultivée sur beaucoup de sujets pour prendre de réelles décisions, et c’est toujours difficile pour moi d’aller voter en sachant que c’est mon devoir de citoyenne, et qu’en même temps c’est une responsabilité lourde et que je ne suis jamais sûre de mon choix.
Je crois que c’est ça qui me définit le mieux politiquement parlant : contrairement aux ¾ des gens qui m’entourent et qui ont des opinions si marquées et revendicatrices, moi, je ne suis jamais totalement sûre de mes choix.
Cela vient-il donc de ce sentiment que j’ai eu toute ma vie que la politique est quelque chose de violent, et que chaque fois que je côtoie quelqu’un qui s’exprime sur le sujet, il va insulter directement et copieusement un de mes proches ? Cela vient-il plutôt de ma faiblesse de caractère, de mon côté influençable, fragile ?
Est-ce un mal ou un bien, mon vote peut-il être « utile » dans ce cas ?
Je n’en sais rien et je ne cherche surtout pas à entraîner un débat politique ici.
Je trouve ça un peu risqué de ma part de mettre ce genre de billet sur mon blog, moi qui déteste autant la polémique, mais bon je n’ai pas pour habitude non plus de susciter trop de commentaires ;)
Bonne journée à tous ! Et vive le pays des Bisounours, si vous voulez mon avis ! ;)
Moi j'aime les petits souffreteux qui s'en prennent plein la gueule...
Qu’est-ce qui rend un personnage de fiction attachant ? Qu’est-ce qui le rend vivant, tellement vivant que c’en est presque douloureux de se dire « et merde il n’existe pas vraiment, et je ne suis pas lui/elle » ?
Pour réfléchir à ça, je repense aux personnages auxquels je me suis particulièrement attachée. Je pense que je suis une lectrice assez « basique », parce que je suis quelqu’un qui s’identifie très facilement au héros central d’une histoire. Même si j’aime le copain qui joue les couillons (Ron), ou le copain qui est le véritable héros qui ne se plaint jamais (Samsagace), je reste une amoureuse inconditionnelle du crétin torturé mis en avant par l’auteur (Harry, Frodon). Pitié n’en remettez pas une couche, je sais que je suis l’une des seules personnes au monde à adorer Frodon. Ou Luke Skywalker. Bref.
Je pense qu’il y a deux raisons à ça :
1) Tout d’abord, comme je le disais, je pense être une lectrice « basique », c’est-à-dire facile à contenter. Je rentre très facilement dans les histoires, et je me laisse totalement porter par l’auteur, je le laisse faire de moi ce qu’il veut. Par exemple, je n’essaie jamais de deviner qui est l’assassin dans un roman policier (c’est une façon de parler parce qu’en règle générale je n’aime pas les romans policiers) : je préfère me laisser porter par les détours de l’auteur pour me faire arriver à la révélation finale. Je n’ai pas envie de court-circuiter tout son job. Du coup, si l’auteur a choisi de nous faire vivre l’histoire majoritairement par les yeux de Harry, Frodon, ou Luke, c’est à eux que je m’attache spontanément et de façon inconditionnelle.
Il y a cependant quelques exceptions ; par exemple, même si j’ai adoré lire la saga Twilight, je n’ai jamais accroché au personnage de Bella Swann. Lorsque l’auteur nous faisait miroiter de réécrire le premier tome depuis le point de vue d’Edward, je trouvais que l’idée était absolument fantastique.
Il y a aussi les cas des romans où l’auteur s’amuse à vous faire changer de point de vue d’un chapitre à l’autre. Alors ça, c’est à double tranchant pour moi : ça peut très bien fonctionner, parce que je vais m’attacher à deux ou trois personnages principalement, moins aux autres, et du coup je vais être tellement frustrée de ne pas savoir ce qui arrive à mes petits préférés que je vais me dépêcher de finir les chapitres qui ne les concernent pas, et en fait je dévore le bouquin (mais avec un sentiment de frustration assez perturbant, je crois que je n’aime pas trop ce procédé. Bouquin type : Les Aventuriers de la mer, de Robin Hobb). Cela peut aussi très mal fonctionner et me faire de plus en plus déconnecter d’une saga (par exemple, le Trône de Fer).
2) La deuxième raison, c’est que je pense que j’ai des prédispositions à m’attacher aux petits héros souffreteux et manquant cruellement de charisme, qui de préférence vont vivre quelque chose de tellement traumatisant qu’ils ne s’en remettront jamais totalement. J’adore les écorchés vifs, les blessés à mort, ceux qui resteront dans l’ombre de la mélancolie une fois la dernière page tournée pendant que les autres iront se bâfrer pour fêter la victoire.
D’où mon amour inconditionnel pour :
- Harry, le garçon qui aurait dû se sacrifier pour que tout le monde survive ;
- Frodon, celui qui doit carrément s’exiler tant il est décalé à la fin, et qui était devenu carrément un poids pour ses amis qui eux se remettaient très bien de leurs aventures (« Je suis rentré », dit Sam il me semble, une fois que Frodon a pris le bateau, et pour moi ça veut tout dire) ;
- Luke, celui qui doit se rendre seul à la rencontre de son père et de l’Empereur, qui perd une main, qui se prend les éclairs bleus…
Bref, je pense que j’ai une prédisposition pour aimer les torturés. Pour tout vous dire, quand j’étais petite, je les mimais même. J’ai cassé mon lit, un jour comme ça : je mimais Harry en train de s’évanouir devant les Détraqueurs et de tomber de son balai…
Bref.
Il y aussi certains cas, plus rares, où je m’attache moins à un personnage qu’à la relation qu’il entretient avec un autre personnage. C’est ce qui m’est arrivé avec Nightrunner, de Lynn Flewelling : je suis tombée amoureuse de la relation qui naît entre Alec et Seregil. J’adore ces personnages et je suis incapable de comprendre comment cette auteure réussit un tel tour de force, de les rendre si vivants, et leurs rapports si… pertinents. C’est le genre de relation fictive où chaque fois qu’un des deux personnages ouvre la bouche pour parler à l’autre, je me dis « Han, c’est EXACTEMENT ce qu’il fallait qu’il dise, ce que moi, lectrice, j’attendais qu’il dise. »
Il y a aussi des cas où on attend quelque chose qui n’arrive pas. Lorsque j’ai dévoré toute la saga de l’Assassin royal (attention il va y avoir spoiler, sautez le paragraphe si vous ne souhaitez pas en apprendre davantage), il était évident pour moi qu’il FALLAIT qu’il se passe quelque chose entre Fitz et le fou. C’était presque vital. Cette fin archi-décevante où Fitz retrouve sa Molly, je la conchie, sincèrement.
Mais du coup, je me dis parfois : où est la frontière entre trouver ce que le lecteur attend et le satisfaire, et lui livrer une suite de clichés bateaux qui ne fera absolument pas battre son cœur ? Quand faut-il créer la surprise, le rebondissement ? Je repense à ce passage extraordinaire du film les Poupées russes avec Romain Duris, où lui écrit désormais pour un feuilleton gnan-gnan à la télé, et que les producteurs lui reprochent de ne pas avoir fait s’embrasser les deux héros à la fin de cet épisode. Pour eux, clairement, c’était le bon moment, c’était ce que le lecteur attendait, et il n’y a pas d’histoire de cliché il faut y aller, il faut qu’ils s’embrassent.
Bon, je m’aperçois que je blablate encore dans le vide à propos de l’écriture, mais bon en ce moment c’est ce que j’ai envie de faire.
Je suis un peu bloquée dans les Ailes froissées, à un fichu moment que je trouve bien difficile à avancer, et où je suis censée amorcer justement une histoire d’amour, que je voudrais belle, simple, et surtout efficace.
M’apercevant aussi que je suis naturellement passée dans ces scènes du « il » au « je », je me suis demandée aussi si je ne devais pas reprendre l’intégralité du début (un peu plus de 100 000 signes quand même) en « je ». Je m’y suis essayée, et ce n’est pas un exercice facile. Le « je » est-il plus facile pour susciter l’identification immédiate du lecteur ? Ou est-il « trop » facile, justement ?
En tant qu’auteur, peut-on s’attacher à ses personnages comme on s’attache à nos préférés dans nos lectures ? Pour ma part, l’attachement que je ressens est bien différent. Je me souviens que j’écrivais le nom des personnages de mon roman en cours sur mes doigts à l’école, pour qu’ils me « suivent » partout. Mais l’affection que je ressentais pour Caspin et Graousmine (oui bon hein j’avais 7 ans quand j’ai inventé ces noms !) était très différente de ce que je ressens pour les personnages inventés pour d’autres.
Vis-à-vis d’Adriel, d’Astarté et d’Uriah, mes trois personnages principaux des Ailes froissées, je me sens encore… timide. J’ai l’impression qu’on se regarde encore un peu de loin, sans savoir trop comment s’aborder. Arriverai-je à en faire des personnages réellement attachants pour un lecteur potentiel ?
Et vous, qui sont les personnages qui vous ont le plus marqués, ceux qui vous font presque pleurer quand vous vous dites qu’ils n’existent pas ? Pour ma part j’aurais pu en citer beaucoup beaucoup d’autres…
Boucles d'oreilles Cocyclics!

Tout est dans le titre! Des boucles d'oreilles en hommage à la mare Cocyclics... Couleur vieil or, avec des perles vertes et des breloques en forme de grenouilles.
Alors, elles vous plaisent? :)
Bonne journée à tous!

